Grand oral — La rédaction du Grand Oral, deuxième partie : la dispositio

Ciceron... Avocat, homme politique, philosophe...
Photographie Getty, Dea, A. Dagly Orti


Il y a des paroles qui ont des idées, et pourtant ne vont nulle part.

Il y a des paroles qui ont du souffle, et pourtant s’égarent.

Il y a des paroles qui commencent comme des promesses et finissent comme des meubles en kit montés sans notice.

Pourquoi ?

Parce qu’une parole ne vaut pas seulement par ce qu’elle dit. Elle vaut aussi par l’ordre dans lequel elle le dit.

C’est cela, la dispositio.

La dispositio, c’est l’art d’organiser votre discours. Non pas pour faire joli. Non pas pour satisfaire quelque fétichisme scolaire du plan... qu'il soit apparent ou pas. Mais pour conduire un auditoire d’un point à un autre sans le perdre en route.

Et au Grand Oral, vous n’écrivez pas une copie. Vous construisez un chemin.

Petite précision, tout de même, pour que les choses soient claires. Dans la rhétorique classique, le discours comporte souvent davantage d’étapes que celles que nous allons utiliser ici. 

Je prends des libertés... Des liberté simplificatrices.  Vous n'avez pas de temps dédié à la préparation de ce grand oral... Vous êtes des marcheurs pressés. Autant aller en ligne droite et faire le chemin en quatre étapes : l’exorde, la narration, la confirmation et la péroraison.

Quatre moments inégaux. Quatre moments différents. Quatre moments qui n’ont pas la même fonction, ni le même ton, ni la même intensité.

Autrement dit : il ne s’agit pas simplement de parler dix minutes. Il s’agit d’emmener votre juryn quelque part.


L’exorde : attraper l’oreille avant de demander l’attention

Le premier moment du discours, c’est l’exorde.

Mot un peu sévère, j’en conviens. Mais idée très simple : c’est votre entrée.

Et une entrée, comme dans la vie mondaine, amoureuse ou judiciaire, compte énormément.

L’exorde sert à attirer la bienveillance de l’auditoire. Il sert aussi à exposer le sujet. Parfois même à faire comprendre déjà dans quelle direction vous allez partir.

Mais surtout, l’exorde sert à empêcher l’indifférence.

Empêcher l’indifférence.

Votre première phrase est donc essentielle... Ou vos premières phrases. 

Il faut qu’elles intriguent, qu’elles étonnent, qu’elles frappent, qu’elles amusent, qu’elles bousculent, qu’elles attendent un instant avant de livrer tout son sens.

En somme, il faut qu’elle donne envie d’écouter la suite.

Je vous donne ici un exemple conservé tel quel... de Léo qui s'amuse désormais à faire des concours d'éloquence à la fac de Droit. 

Léo, le Rap et les classes sociales/ SES.

770 000, c’est le nombre de ventes totales de Jul en 2020. [temps mort]
Vous connaissez Jul ?! [temps mort]

Bon, Vous, peut-être… Mais je suis presque sûr que la majorité des enseignants
me répondrait non si je leur posais la question. [temps mort] 

Ils ont pu entendre le nom “JUL” mais quant à savoir ce qu’il chante.... 

Et en réalité, si vous me répondiez non, ce serait sans doute parce que ce style
musical ne correspond pas à celui de votre HABITUS de professeur.

L’habitus, nous dit Bourdieu, est le système de préférences, de style de vie
particulier à chacun. 

Bon, Particulier… pas tant que cela ! 

L’habitus, ajoute Bourdieu, varie d’une classe sociale à une autre... Alors le RAP… Pour des professeurs…
En fait, c’est ce dont j’aimerais que l’on discute aujourd’hui ! Pas simplement des
professeurs et de leurs goûts musicaux… Je vous rassure.
Mais j’aimerais que l’on s’interroge sur le lien entre le Hip Hop ou le RAP... et la
classe sociale.
Le RAP, le R’n’B, le Hip Hop… sont-ils des reflets de l’existence de classes sociales
dans notre société française ou bien est-ce simplement une vue de mon esprit?


Voyez comme cela procède.

On commence par un chiffre.

Puis on provoque une réaction.

Puis on installe un léger décalage entre l’univers de Jul et celui des enseignants.

Puis on fait entrer Bourdieu.

Puis enfin on annonce la vraie question.

Ce n’est pas une introduction scolaire. C’est une prise.


Autre exemple, beaucoup plus frontal. De Salma... Elle aussi est partie en droit.

Salma et la domination masculine / SES (début de l’exorde)

Je ne sais pas si vous avez remarqué mais je suis une femme. [Bien sourire, suivre
son corps avec ses mains et marquer un temps mort].

Je suis une femme et à ce titre, et comme la majorité des femmes françaises… la
TRES GRANDE MAJORITE des femmes françaises même, je subis une domination
masculine.

Ici, l’entrée fonctionne parce qu’elle pose un fait apparemment évident, puis le transforme en point de départ polémique. Le jury est déjà sollicité. Il ne peut pas rester simple spectateur.

Retenez donc ceci : un bon exorde n’est pas là pour meubler. Il est là pour ouvrir le terrain, installer votre présence et préparer le mouvement du discours.


La narration : raconter pour faire comprendre pourquoi la question existe

Deuxième moment : la narration.

Le mot peut tromper. Il ne s’agit pas forcément d’un grand récit avec clair de lune, cheval mourant et vent dans les rideaux.

La narration, ici, c’est la partie où vous exposez les faits sous forme de récit, ou du moins où vous racontez ce qui vous a conduit à la question.

C’est une étape capitale.

Car on adhère plus facilement à une idée quand on comprend d’où elle vient.

Le récit donne une origine au problème.

Il donne aussi une nécessité affective à votre question.

Et les auditeurs aiment les histoires. Les politiques le savent. Les écrivains le savent. Les scientifiques eux-mêmes, quand ils racontent comment un problème leur est apparu, le savent très bien aussi.



Voici l’exemple d’Oriane, conservé tel quel... Je crois qu'elle est partie en psycho mais j'ai un doute. 

Oriane et l’effet Golem / SES-HLP / Exorde + Narration (2min40)

Je ne sais pas si vous vous rendez compte à quel point nous avons tendance à
sous-estimer le pouvoir de la parole… [temps mort]

En effet, on a tous déjà dit quelque chose à quelqu’un sans vraiment prendre
conscience de l’impact de nos mots sur cette personne.

Et l’inverse est aussi vrai.

Vous tous… ici... et moi aussi évidemment, avons souffert à un moment donné,
peut-être plusieurs fois même, d’une remarque lancée, consciemment ou pas
d’ailleurs, à notre encontre. [Fin de l’exorde. Temps mort… On se rapproche du
Jury]

Laissez-moi vous raconter une histoire. Cette histoire ne me concerne pas
directement, elle parle de mon ami d’enfance.… Ludo.

Ludo est un garçon tout ce qu’il y a de plus banal : il aime le foot, les consoles, il
aime jouer avec ses amis, il aime faire des bêtises parfois… En fait, il aime
beaucoup de choses, mais il y en a une qu’il déteste…  l’école.

Et quand on n’aime pas l’école, on n’a pas le bon comportement à l’école.

Forcément, les professeurs, en retour, n’appréciaient pas trop Ludo non plus.
C’est humain. Mais certains ont parfois eu des propos, rabaissant, stigmatisant,
violents envers lui.

Mes souvenir de l’école primaire sont plutôt rares mais je me rappelle très bien
de ces sentences de notre « maître » : « tu n’arriveras à rien dans la vie » , « je
n’ai pas envie d’apprendre à des élèves comme toi », « on perd notre temps avec
toi » ! [Temps mort]

Alors, je ne sais pas ce que ça fait que d’entendre des mots comme ceux-là, de
la part de son professeur, quand on a à peine 9 ans… On ne m’a jamais dit cela à
moi … mais ce que je sais en revanche, c’est que les remarques du professeur
n’ont pas changé positivement son comportement. Mon ami est resté sur la
même voie… celle que, normalement il ne faudrait pas emprunter… Et
aujourd’hui, il ne va plus à l’école, il a arrêté d’aller en cours avant d’avoir son
bac, et il ne travaille pas non plus. Il ne fait pas « grand-chose » de ses journées.

J’y pense souvent, et je me dis que si les professeurs avaient adopté un
comportement différent… peut-être plus bienveillant, peut-être plus
compréhensif, plus adapté… sa trajectoire de vie aurait pu être tout autre.
Bien sûr il y a d'autres facteurs… bien sûr la trajectoire d‘un enfant ne dépend
pas que de ses rapports avec les enseignants…

Mais je me dis qu’ils sont nombreux, les exemples qui montrent qu’un professeur
peut avoir un grand pouvoir positif sur la vie de ses élèves. Et cela a un nom en
sociologie et psychologie: l’effet Pygmalion.

Et, je me suis demandé la chose suivante : « si un professeur peut avoir un
pouvoir positif, dans quelle mesure peut-il avoir un pouvoir négatif » ?
Or ce pouvoir négatif a déjà été étudié. Il a un nom. C’est l’effet Golem et je vous
propose qu’on le détaille un peu… ».


Vous voyez le mécanisme.

Le récit rend la question inévitable.

Ce n’est plus un thème abstrait lancé dans le vide. C’est un problème qui naît d’une expérience racontée.

La narration n’a donc pas pour fonction d’être décorative. Elle sert à faire comprendre pourquoi votre sujet vous concerne, pourquoi il mérite d’être entendu, et pourquoi la suite ne sera pas une simple récitation de cours.


La confirmation : expliquer, démontrer, armer le discours

Troisième temps : la confirmation.

Ici, nous quittons un peu le charme du récit pour entrer dans le moteur intellectuel de l’exposé.

La confirmation, c’est la partie où vous présentez vos arguments, vos mécanismes, votre thèse, ou votre manière d’expliquer les faits racontés juste avant.

C’est souvent le moment le plus académique.

Le plus terre à terre.

Le plus risqué aussi, parce que c’est là que tant d’élèves... mais pas que: les professeurs aussi quand ils font leurs cours... C'est là, donc, que les orateurs deviennent subitement des manuels mal reliés... Je le dis de manière plus terre-à-terre, c'est le moment où cela devient chiant. 

Pourtant, cette partie est décisive.

Car si la narration a capté l’attention, la confirmation doit maintenant mériter cette attention.

Voici un exemple, conservé tel quel d'une partie de la confirmation de Laura. Et ne me demandais pas ce qu'elle est devenue... Je ne le sais plus. Son sujet, par contre, portait sur l'homogamie et l'endogamie.

Laura SES La constitution des couples / SES / Confirmation 

Et si on regarde la société actuelle, on remarque que beaucoup de personnes adultes sont en couple avec des individus de même origine sociale qu’eux… c’est l’homogamie, le mariage avec son semblable.

En 2011, par exemple, il y avait 79,7% d’agricultrices qui étaient en couple avec
des agriculteurs, d’après l’INSEE. A titre de comparaison, seulement 2,8% d’agricultrices sortaient avec un cadre. 

[Temps mort] Quatre agricultrices sur cinq avec un agriculteur, une agricultrice sur 40 avec un cadre.
Et je pourrais continuer comme cela longtemps… avec des statistiques un peu plus faibles, il est vrai : 3 femmes cadres sur 5 avec un homme cadre, 3 femmes ouvrières sur 5 avec un homme ouvrier, etc.

Cela peut être dû aux lieux de rencontre… 

Je ne veux pas dire que les agriculteurs se rencontrent dans des champs. En Beauce, en plus, les surface sont tellement grandes qu’ils auraient peu de probabilité de tomber les uns sur les autres. Mais les lieux d’étude, de travail, les groupes d’amis, sont des lieux de rencontre et de constitution de couples homogames.

Même les lieux publics ne sont pas les mêmes selon l’origine sociale : tout le monde ne va pas à l’opéra, et tout ne le monde n’assiste pas à un concours de tuning.

Ce qu’il faut comprendre ici, c’est que la confirmation n’a pas besoin d’être pesante pour être sérieuse.

Vous pouvez y mettre des notions.

Des définitions.

Des données.

Des exemples.

Un peu d’humour même, si cela reste au service de l’idée.

Et vous pouvez aussi vous en servir pour préparer la suite, en glissant des notions que le jury aura envie de vous faire préciser pendant les questions.

Autrement dit, la confirmation n’est pas seulement la partie où vous démontrez. C’est aussi la partie où vous tendez discrètement quelques perches.

Vous pouvez même y anticiper les contre-arguments.

Soit pour les évacuer.

Soit pour les laisser flotter un instant, afin que le jury vienne les chercher ensuite.

C’est cela qui rend la chose stratégique.


La péroraison : finir en laissant une trace

Et puis vient la dernière partie.

Courte.

Essentielle.

Dangereuse aussi, parce qu’une mauvaise fin peut affadir un très bon début.

La péroraison, c’est la conclusion de votre discours.

En théorie, elle synthétise.

En pratique, dans un oral, vous n’aurez pas toujours le temps de refaire calmement le bilan de toute votre argumentation comme un greffier appliqué.

Il faut donc souvent faire autre chose.

Il faut laisser une impression.

Une vraie.

La péroraison doit pouvoir émouvoir, au bon sens du terme. Non pas geindre, non pas manipuler lourdement, mais faire sentir que votre parole arrive quelque part. Ici, il faut très bien gérer le pathos et l’ethos.

Je vous donne plusieurs exemples, conservés tels quels.

Lorine SES La justice sociale de la notation / SES / Péroraison

Si vous m’avez écouté, vous avez compris que la notation des professeurs n’est pas forcément juste, socialement parlant. 

La justice de la notation dépend en effet de la conception de ce que le professeur considère comme juste
socialement : est-il utilitariste, libérale, égalitariste strict ou égalitariste libéral ?

Implicitement, la justice de sa notation varie en fonction du type d’égalité qu’il souhaite obtenir : égalités des droits, égalités des chances ou égalités des situations.

Mais si j’ai raison, s’il n’existe pas réellement de notation juste, ou s'il est
impossible de se mettre d’accord sur une notation juste, alors cela ne signifie-t-il pas que le système scolaire est dans l’erreur ?

Ne faudrait-il pas envisager, tout simplement, de supprimer la notation ?

Ici, la fin reprend les arguments sans les redévelopper, puis débouche sur une question finale qui ouvre, qui provoque, qui oblige presque l’auditoire à réagir.


Un exemple proche d'Hélène.

Hélène Contrôle social et mal-être à l’école / SES / Péroraison

En conclusion, l'école est une source de mal-être par son important contrôle social et, particulièrement, par sa surveillance omniprésente. 

Et il n’y a pas que cela: la fréquence des évaluations, y compris officielles, la charge de travail à la
maison, l’incertitude sur Parcoursup contribuent aussi au mal-être.

Moi, j’ai voulu mettre l’accent sur l’entrave à la liberté de nos cerveaux et nos
esprits, de notre corps aussi. Ce qui nous entoure, dans l’institution scolaire, n’est finalement pas sain : les bâtiments, les profs (contre leur grès et inconsciemment… Et peut-être pas tous inconsciemment d’ailleurs), Pronote, nos familles… Une pression et un contrôle social trop forts et qui selon moi sont
de plus en plus puissants.
Mais si l’école est perçue comme une prison par les élèves, s’ils en prennent conscience, ne faut-il pas envisager une conséquence logique: la mutinerie?

Ici, la mise en garde finale crée une sortie plus rude, plus alarmante, plus tendue. Il y a une prise de risque :seriez-vous prêt à dire à votre jury que les élèves doivent se rebeller. Mais en réalité, il y a une incarnation du discours qu'attendent les jurés. Un discours qui fait réagir (sans exagération évidemment) est plus rentable qu'un discours convenus ou, pire, morne. 

Et puis voici un exemple totalement différent de Laura qu'on a déjà citée ici. Rappelez-vous: elle parlait de la constitution des couples. 

Laura SES La constitution des couples / SES / Péroraison

Enfin bon… Revenons à nos moutons…
L’origine sociale n’est pas un frein à l’amour comme je me posais la question initialement. 

L’origine sociale est un frein à l’amour hétérogame.

Laissez-moi tout de même mettre un bémol à ma démonstration.
Ma mère est cadre et mon père est ouvrier, ils ont 50 ans et leur couple est
stable. J'ai l'impression.
ET heureusement qu’il existe de tels exemples, même s’ils sont rares. Un
déterminisme absolu rendrait la vie bien triste.

Ici, pas de grande ouverture dramatique... Quoique. Pas d’avertissement tonitruant. Pas d’appel au soulèvement général. Mais une conclusion qui nuance, qui répond à la question initiale, et qui laisse l’auditoire sur une adhésion possible.

Voilà ce qu’il faut comprendre.

Une bonne péroraison n’est pas forcément grandiloquente.

Elle peut ouvrir.

Elle peut avertir.

Elle peut nuancer.

Elle peut suspendre la pensée dans une question.

Mais elle doit donner à votre discours sa dernière forme.




Le plan en quatre temps : simple, vivant, efficace

Si l’on rassemble tout cela, vous obtenez donc un plan très praticable pour l’oral.

Exorde.

Narration.

Confirmation.

Péroraison.

Ce plan peut vous troubler parce qu’il est moins scolaire, moins universitaire dans son apparence, moins rassurant pour les amateurs de thèse-antithèse bien repassées.

Mais il est souvent plus simple pour gérer un oral.

Et surtout, il a un avantage stratégique considérable : il ne développe pas forcément l’antithèse à l’intérieur même de l’exposé.

Dès lors, qui s’en chargera ?

Le jury.

Et c’est très bien ainsi.

Le jury viendra chercher les objections.

Il posera les contre-arguments.

Il vous invitera à nuancer.

Vous aurez donc intérêt, pendant votre préparation, à anticiper ces objections sans forcément les développer complètement dans vos dix minutes.

Cela rend la phase de questions beaucoup plus naturelle alors que, petits Machiavels que vous êtes, vous avez tout planifier.


Et si ce plan vous résiste encore

Il se peut que malgré tout cela, ce plan en quatre temps vous gêne.

Très bien.

Vous n’êtes pas obligés d’en faire une religion.

Vous pouvez alors revenir à des organisations plus familières.

Par exemple, un plan dialectique : exorde, thèse, antithèse, péroraison.

Ou un plan catalogue : exorde, argument ou mécanisme 1, argument ou mécanisme 2, argument ou mécanisme 3 s’il le faut, puis péroraison.

L’essentiel n’est pas de réciter les noms savants en toge imaginaire.

L’essentiel est que votre discours soit conduisible (ça ne doit pas se dire).

Qu’il se tienne.

Qu’il avance.

Qu’il respire.


Derniers conseils, et non des moindres

Ne cherchez pas la difficulté.

C’est une manie scolaire assez répandue : croire qu’un sujet compliqué est plus noble qu’un sujet simple. C’est faux.

Un sujet simple, bien tenu, vaut mieux qu’un sujet ambitieux qui s’écroule au premier virage.

La complexité, le jury s’en chargera volontiers pendant l’échange.

Écoutez-vous écrire.

Écrivez à voix haute.

Écoutez-vous parler.

Enregistrez-vous.

Puis corrigez.

Retouchez vos phrases.

Car une bonne dispositio, au fond, n’est rien d’autre qu’une promesse tenue : celle d’un discours qui emmène son auditeur jusqu’au bout sans le perdre ni l’ennuyer.


Conclusion

La dispositio, ce n’est pas un plan plaqué sur une pensée déjà faite. C’est la manière même dont votre pensée devient audible.

Sans elle, les idées se bousculent, les effets tombent à côté, les émotions s’évaporent, les démonstrations se dispersent.

Avec elle, au contraire, tout commence à prendre forme.

L’entrée capte.

Le récit attache.

La démonstration soutient.

La fin marque.

Moi, Birdy Doc, qui ai vu tant de discours mourir d’être partis dans tous les sens comme des pigeons affolés sous le toit d' une gare, je vous le dis : un bon oral n’est pas celui qui en dit le plus. C’est celui qui dit bien.

Alors construisez votre chemin.

Puis faites-y entrer le jury.

Et ne le laissez plus s’échapper.

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