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La justice sociale

En construction

Petit mot d’introduction 

Lorsqu’il a fallu revoir les différents chapitres du programme de terminale, parce que notre ministre Blanquer, dans sa grande mansuétude, avait décidé avec ses équipes qu’il fallait en traiter douze dans l’année — et qu’à l’évidence cela faisait beaucoup, même pour des esprits encore frais — le ministère a choisi d’en enlever trois.

Trois chapitres, et non des moindres. Trois chapitres qui avaient ce mérite discret, mais fâcheux pour certains, d’inviter à la critique, ou au moins à la réflexion. Un chapitre sur l’école, pour en montrer les bienfaits, certes, mais aussi les imperfections. Un chapitre sur les crises financières, pour rappeler que le système bancaire et le système financier ne sont pas toujours ces mécaniques bien huilées que l’on décrit souvent avec un enthousiasme dans les publicités des chaines télévisés des pauvres milliardaires français. Et un chapitre sur la justice sociale, pour discuter des vertus — ou des limites — de la redistribution, ou de l’absence de redistribution.

Étonnant, non ?

C’est de justice sociale qu’il sera question ici. Et pour une raison assez simple : Elle est au cœur d’un très grand nombre de réflexions, à la fois économiques, sociologiques, politiques et même philosophiques. C’est une notion que tout le monde invoque, parfois avec ferveur, parfois avec méfiance, et souvent sans prendre le temps de dire ce qu’il met réellement derrière les mots. Il me semble donc nécessaire, à moi, Birdy Doc, d’essayer de clarifier un peu les choses — simplement, autant que possible.

Car derrière l’expression de « justice sociale », il y a de grands débats, de grandes oppositions, de grandes espérances aussi. Parler de justice sociale, c’est poser quelques jalons pour comprendre comment chacun envisage l’égalité, la solidarité, le mérite, la redistribution, les droits, les efforts, les héritages, les privilèges et les réparations. C’est, autrement dit, commencer à éclairer son propre positionnement politique, mais aussi, d’une certaine manière, son positionnement philosophique.

Et puis cette réflexion n’a rien d’un luxe théorique. Elle permet aussi d’alimenter la discussion, d’affûter les arguments, de donner de la consistance aux désaccords, et d’entrer avec un peu plus de méthode dans des débats qui, sans cela, tournent vite à l’incantation ou à la posture. À ce titre, elle peut être précieuse, cette réflexion théorique, notamment pour une épreuve importante comme celle du grand oral, où l’on demande moins de réciter que de penser, moins de répéter que de tenir un raisonnement.

Bref, puisque ce chapitre a disparu des routes officielles de l'éducation nationale, il n’est peut-être pas inutile de lui redonner ici un peu d’air, un peu de temps, et cette politesse élémentaire que l’on doit aux questions difficiles : celle de les examiner... 


Épisode 1 — Pourquoi étudier la justice sociale ?

On commence avec une question pratque: qu'est-ce qu'un bon partage de gâteau?

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Épisode 2 — Les trois visages de l’égalité : petite dissection d’une grande promesse

Egalité des droit, égalité des situations, égalité des chances... Trois égalités différentes qui oscillent entre compatibilité et incompatibilité.

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Épisode 3 — Justice sociale : quatre manières de découper le gâteau pour s'écharper en société

Qu’ont en commun un utilitariste, un libertarien, un rawlsien et un marxiste ? Réponse : ils parlent tous de justice, mais certainement pas de la même.

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