Alors pourquoi fallait-il s’intéresser aux mutations du travail et de l’emploi ?
Il y a une question qui revient régulièrement, parfois avec une certaine élégance, parfois avec la délicatesse d’un parpaing jeté dans une vitrine. À quoi servent les sociologues ? J’en parle en guise d’introduction parce que je suis tombé, encore une fois, sur un représentant d’un parti politique qui exprimait son mépris des sociologues. On entend parfois que la sociologie expliquerait trop. Qu’elle excuserait trop. Qu’elle compliquerait tout. Qu’elle verrait des rapports sociaux là où il faudrait seulement voir des individus, des efforts, des responsabilités personnelles, des réussites ou des échecs personnels, des choix. Bref, certains aimeraient bien que les sociologues se taisent. Ou mieux (mieux pour eux) qu’ils disparaissent. Disons-le calmement : c’est une mauvaise idée. Déjà parce que faire disparaître les sociologues ne fera pas disparaître les faits sociaux. C’est agaçant, les faits sociaux. Ils survivent très bien aux discours politiques. Le chômage ne disparaîtra pas...