Le coût du travail (1) : combien coûte réellement un salarié ?
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| Je vous invite à cliquer sur l'image... On arrive sur le simulateur de l'URSSAF. Youpi ! |
Nous avons vu
que les entreprises peuvent avoir du mal à trouver des candidats, à connaître
leurs compétences ou à observer leurs efforts. Mais même quand elles ont trouvé
la bonne personne, il reste une question.
Combien
va-t-elle coûter ?
Oui, c’est
moins chaleureux que « bienvenue dans notre grande famille ». Mais
généralement, la comptabilité finit par participer à la conversation.
Quand vous
recevrez votre premier salaire, vous regarderez probablement le salaire net.
C’est compréhensible. Il permet de manger, de sortir et d’acheter des choses
totalement inutiles dont vous expliquerez ensuite qu’elles étaient
indispensables.
Mais ce que
vous recevez ne correspond pas à tout ce que l’entreprise dépense pour vous
employer.
Il faut
distinguer trois choses : le salaire net, le salaire brut et le coût du travail.
Partons du
salaire brut, celui dont on parle généralement dans un contrat de travail. On
en retire les cotisations et contributions sociales salariales pour obtenir le
salaire net avant impôt sur le revenu.
Et, de son
côté, l’employeur verse aussi des cotisations patronales, qui s’ajoutent au
salaire brut.
Prenons un
exemple entièrement fictif, avec des chiffres ronds. Pas une simulation de
votre prochaine fiche de paie.
Imaginons un
salaire brut de 2 000 euros. On retire 400 euros de cotisations et
contributions salariales : il reste 1 600 euros nets avant impôt. Si
l’employeur verse en plus 600 euros de cotisations patronales, cela lui coûte 2
600 euros.
Vous recevez
1 600 euros avant impôt. L’entreprise dépense 2 600 euros.
Ce n’est pas
la même somme. Vous aviez remarqué. Je préfère vérifier.
Dans la
réalité, le coût du travail comprend aussi d’autres dépenses, notamment de
formation. Mais retenez déjà ceci : le salaire brut augmenté des cotisations patronales représente
l’essentiel du coût du travail.
Et ces
cotisations ne partent pas dans un trou mystérieux derrière les bureaux de
l’Urssaf. Elles financent une partie de la protection sociale : les retraites,
la santé, l’assurance chômage…
Elles
représentent donc un coût, mais elles financent aussi des protections. Gardez
les deux.
Revenons
maintenant à notre boulangerie. Le boulanger envisage une embauche. Il a des
clients, des commandes, et quelqu’un de compétent devant lui.
Mais il
compare ce que cette embauche lui coûterait à ce que le travail supplémentaire
pourrait lui rapporter.
Supposons
qu’après avoir payé la farine, l’électricité et les autres dépenses
supplémentaires, les nouvelles ventes lui laissent 2 400 euros par mois pour
financer cet emploi.
Si l’emploi
coûte 2 600 euros, le calcul ne passe pas. Il manque 200 euros. Tous les mois.
Le candidat
est sympathique. Mais sa sympathie ne règle pas la facture d’électricité.
L’entreprise
peut donc renoncer à l’embauche, même si une personne souhaite travailler au
salaire proposé.
Ce qui compte
ici, c’est le
coût du travail par rapport à ce que ce travail permet de produire et de vendre.
Un salarié mieux payé peut aussi produire davantage. Vous vous rappelez le
salaire d’efficience ? On ne l’a pas étudié pour décorer.
On ne peut
donc pas conclure qu’un salaire élevé empêche forcément une embauche. Il faut
regarder les deux côtés du calcul.
Mais lorsque
le coût dépasse ce que l’entreprise attend du travail supplémentaire, certains
emplois peuvent ne pas être créés. Cela peut contribuer au chômage
structurel, même sans récession.
Alors, vous
allez me dire : « Il suffit de payer moins les salariés. »
Vous allez
vous faire des amis, vous.
Peut-on
plutôt réduire ce que coûte un emploi à l’entreprise sans diminuer le salaire
reçu par le travailleur ?
C’est
justement l’objectif des politiques d’allègement du coût du travail. On regarde
cela dans le prochain épisode.



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