Pourquoi lutter contre le chômage ?


Nous avons déjà beaucoup parlé du travail et de l’emploi.

Dans notre réflexion sur la croissance, nous avons d’abord rencontré le travail comme facteur de production.

Le travail, avec le capital, permet de produire des biens et des services. Il contribue donc à la création de richesses. Plus une économie mobilise efficacement ses facteurs de production, plus elle peut produire. Et plus elle produit, plus elle peut, en principe, augmenter les revenus, financer des services publics, améliorer les conditions de vie.

En principe.

Cette idée de départ est importante : le travail est une ressource productive.

À partir de là, le chômage pose un premier problème évident.

Quand une personne veut travailler, peut travailler, cherche un emploi, mais n’en trouve pas, il y a une capacité productive inutilisée. Des compétences ne sont pas mobilisées. Du temps de travail disponible n’est pas employé. Des revenus ne sont pas créés. Des richesses qui pourraient être produites ne le sont pas.

On peut donc voir le chômage comme un gaspillage économique.

L'expression est un peu rude, comme souvent en économie, mais elle dit quelque chose de juste.

Une économie qui connaît un chômage élevé laisse de côté une partie de son facteur travail. Elle dispose d’une ressource, mais ne parvient pas à l’utiliser pleinement.

C’est un peu comme avoir une machine en état de fonctionner, mais la laisser au fond d’un hangar.

Sauf qu’ici, ce ne sont pas des machines.

Ce sont des personnes.

Et là, évidemment, le raisonnement change de densité.

Parce que dans notre réflexion antérieure sur les mutations du travail et de l’emploi, nous avons vu autre chose.

Nous avons vu que le travail n’est pas seulement une ressource productive.

Le travail est aussi une source d’intégration sociale.

Il donne un revenu.

Des relations.

Un statut.

Une identité.

Une protection.

Une reconnaissance.

Une place.

Travailler, ce n’est donc pas seulement contribuer à la production. C’est aussi être inscrit dans des relations sociales, dans un collectif, dans des routines, dans des droits, dans une forme de reconnaissance.

Et le chômage fragilise tout cela.

Quand le chômage dure, il ne fait pas seulement perdre un salaire.

Il peut faire perdre un rythme de vie.

Des collègues.

Un sentiment d’utilité.

Une identité professionnelle.

Une confiance en soi.

Un lien avec le monde du travail.

Il peut produire de l’isolement.

Il peut provoquer du déclassement.

Il peut conduire à une forme de désaffiliation, c’est-à-dire une rupture progressive des liens qui rattachaient l’individu à l’emploi, aux protections et à la vie sociale.

Dit autrement : le chômage est un problème économique, mais il est aussi un problème social.

Et c’est précisément pour cela qu’il revient sans cesse dans le débat public.

Un chômage élevé et durable finit toujours par poser une question politique majeure : que fait-on des personnes qui veulent travailler, mais qui restent à l’écart de l’emploi ?

Le chômage a aussi un coût collectif.

Il peut entraîner des dépenses d’indemnisation, notamment par l’assurance chômage.

Il peut réduire les recettes de cotisations sociales... et d’impôts, puisque les personnes sans emploi perçoivent moins de revenus du travail.

Il peut peser sur la santé, sur les familles, sur les territoires, sur la confiance dans les institutions.

Bref, il coûte.

Et pas seulement en euros.

Il coûte aussi en liens sociaux et en bien-être psychologique. 

Voilà pourquoi il faut se demander comment lutter contre le chômage.

Mais attention.

La question paraît simple.

Elle ne l’est pas.

Dire “il faut lutter contre le chômage” est facile.

Tout le monde peut être d’accord...

Tout le monde peut être d’accord sur l'affirmation... Pas sur la méthode. 

Et la vraie difficulté commence ensuite : pour soigner ce mal socio-économique, encore faut-il en connaitre les causes.

Pourquoi y a-t-il du chômage ?

Et c’est là que les choses se compliquent.

Parce qu’il n’existe pas une seule cause du chômage.

Parfois, c’est l’activité économique qui ralentit.

Parfois, le problème est plus durable et tient au fonctionnement du marché du travail.

Autrement dit, derrière un mot unique, le chômage, se cachent plusieurs mécanismes, plusieurs causes.

Et s’il y a plusieurs causes, il y a nécessairement plusieurs politiques possibles.

On ne lutte donc pas contre tous les chômages de la même manière.

Il va donc nous falloir faire trois choses.

comprendre ce qu’est le chômage,

comprendre pourquoi il existe,

et comprendre comment on peut tenter de le réduire.

On va essayer…

 

Emmanuel H.

Commentaires

Articles les plus consultés