Temps partiel et sous-emploi : avoir un emploi ne dit pas tout
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| Amsterdam. Alors pourquoi une photo d'Amsterdam ? Vous le saurez en lisant la suite. |
Dans
l’épisode précédent, nous avons découvert le taux d’emploi.
Et nous avons
vu qu’il permettait de compléter le taux de chômage.
Très bien.
Mais
évidemment…
ce serait
trop simple si nous pouvions nous arrêter là.
Prenons les Pays-Bas.
En 2025, le
taux d’emploi des 20-64 ans y était de 83,4 %.
C’est
considérable.
Les Pays-Bas
font partie des pays européens où la proportion de personnes en âge de
travailler qui occupent effectivement un emploi est la plus élevée.
Donc, si
notre objectif est de mobiliser le facteur travail, nous pourrions être tentés
de dire :
« Les
Pays-Bas font beaucoup mieux que nous. Faisons comme eux. »
Pourquoi pas.
Mais
regardons d’un peu plus près.
Parce
qu’avoir un emploi ne signifie pas nécessairement travailler à temps complet.
Et les
Pays-Bas ont justement une particularité.
Le temps partiel
y est extrêmement répandu.
En 2024,
selon Eurostat, 38,6 % des personnes en emploi âgées de 20 à 64 ans travaillaient
à temps partiel.
Près de deux
travailleurs sur cinq.
C’était la
proportion la plus élevée de l’Union européenne.
Et chez les
femmes, le phénomène est encore beaucoup plus marqué :
60,5
% des femmes en emploi travaillaient à temps partiel.
Plus de 3 sur
5.
Donc les
Pays-Bas ont énormément de personnes en emploi…
mais une part
considérable d’entre elles ne travaille pas à temps complet.
Voilà
pourquoi le taux d’emploi ne nous disait pas tout.
Il nous
disait :
combien
de personnes travaillent.
Il ne nous
disait pas :
combien
elles travaillent.
D’ailleurs,
en 2025, les Pays-Bas avaient la durée hebdomadaire moyenne effectivement
travaillée la plus faible de l’Union européenne : 31,9 heures
par semaine, temps complets et temps partiels confondus.
Ce n’est pas
contradictoire.
On peut avoir
beaucoup de personnes qui travaillent…
mais beaucoup
de personnes qui travaillent relativement peu d’heures.
Et là, il
faut immédiatement apporter une grosse précision.
Le temps
partiel n’est pas forcément un problème.
Il peut être choisi.
On peut
souhaiter travailler moins pour s’occuper de ses enfants.
Pour suivre
des études.
Ou simplement
parce qu’on préfère disposer de davantage de temps.
Mais retenons
deux choses :
temps
partiel ne signifie pas nécessairement précarité.
Et surtout :
temps
partiel ne signifie pas nécessairement temps partiel subi. Il peut être choisi.
Parce qu’une
personne peut parfaitement travailler vingt heures par semaine…
et vouloir
travailler vingt heures par semaine.
Le problème
qui va nous intéresser apparaît lorsqu’une personne voudrait travailler
davantage…
mais ne le
peut pas.
Parce qu’une
personne peut parfaitement travailler vingt heures par semaine…
et vouloir
travailler 35 heures par semaine.
Et c’est là
qu’apparaît une nouvelle notion :
le
sous-emploi.
Le
sous-emploi concerne principalement des personnes qui travaillent à temps
partiel, qui souhaiteraient travailler davantage et qui sont disponibles pour
le faire.
L’Insee y
ajoute également certaines personnes qui ont temporairement travaillé moins que
d’habitude, par exemple en situation de chômage partiel ou technique.
Prenons un
exemple.
Une personne
travaille vingt heures par semaine dans un commerce.
Elle a un
emploi.
Elle
travaille.
Elle n’est
donc pas au chômage.
Elle est
parfaitement comptée parmi les personnes en emploi lorsque nous calculons le
taux d’emploi.
Mais elle
souhaiterait travailler trente ou trente-cinq heures.
Et elle est
disponible pour le faire.
Son facteur
travail est donc utilisé…
mais pas
autant qu’elle le souhaiterait.
C’est cela
que cherche notamment à mesurer le sous-emploi.
En France, en
2025, environ 1,3
million de personnes étaient en situation de sous-emploi.
Cela
représentait 4,4
% des personnes en emploi.
Et, là
encore, les femmes et les hommes ne sont pas concernés de la même manière.
Le
sous-emploi concernait 6,1 % des femmes en emploi, contre 2,8 % des
hommes.
Retenons donc
bien la différence.
Le
temps partiel nous indique qu’une personne travaille moins qu’un temps complet.
Cela peut
parfaitement correspondre à ce qu’elle souhaite.
Le
sous-emploi nous indique qu’une personne a un emploi, mais que la quantité de
travail qu’elle fournit est inférieure à celle qu’elle souhaiterait fournir.
Et nous
pouvons maintenant remettre nos différents indicateurs dans l’ordre.
Le taux de
chômage nous permet de repérer les actifs qui cherchent un
emploi sans en trouver.
Le taux d’emploi
nous indique quelle proportion d’une population occupe effectivement un emploi.
Le temps partiel
nous rappelle qu’avoir un emploi ne signifie pas nécessairement travailler à
temps complet.
Et le sous-emploi
permet de repérer une partie des personnes qui ont bien un emploi… mais qui
voudraient travailler davantage.
Voilà
pourquoi aucun indicateur ne suffit à lui seul.
Le radar
chômage, chouchou des médias, reste utile.
Mais il est
imparfait.
Car les
radars, en économie comme sur la route, ont une fâcheuse tendance à ne relever
que ce qu’on leur demande de contrôler.
Emmanuel H.



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