Les limites écologiques de la croissance

Pourquoi Princesse Mononoke... Parce que le film illustre le paradoxe d'une société qui veut toujours plus de croissance en surexploitant son écosystème.

On parle souvent de la croissance économique comme d’un objectif à atteindre.

Produire plus. Créer plus de richesses. Augmenter le niveau de vie. Développer les entreprises. Financer l’éducation, la santé, les infrastructures.

Présenté comme ça, il est difficile d’être contre.

Même pour moi, qui suis pourtant capable de douter d’à peu près tout, surtout de moi-même.

Mais il faut ajouter une question.

Une question simple.

Très simple.

Quand une économie produit plus, est-ce qu’elle prend vraiment en compte tous les coûts de cette production ?

Et là, une notion devient centrale : celle d’externalité négative.

Une externalité négative désigne un coût imposé à d’autres agents économiques, sans compensation directe.

Autrement dit, quelqu’un produit, consomme ou vend.

Mais une partie du coût de cette activité est supportée par d’autres qui n'ont pas choisi de le supporter, ce coût.

Par des habitants qui respirent un air pollué.

Par des agriculteurs qui subissent des sécheresses répétées.

Par des ménages qui paient plus cher une ressource devenue rare : le gaz, l'eau...

Par des territoires exposés aux inondations ou aux incendies.

Par des générations futures qui hériteront d’un climat plus instable, de ressources plus rares, d’écosystèmes plus fragiles... N'en déplaisent aux climatosceptiques. 


Le problème écologique de la croissance peut donc se résumer ainsi : une partie des coûts environnementaux de la production et de la consommation n’est pas intégrée dans les prix.

Le prix d’un produit peut intégrer le coût du travail, des machines, des matières premières, du transport, de la pub.

Mais il n’intègre pas toujours correctement (même rarement) la pollution de l’air ou de l'eau ou du sol, l’épuisement d’une ressource, la destruction d’un écosystème ou les émissions de gaz à effet de serre.

Le marché voit assez bien ce qui se vend. Il voit moins bien ce qui s’abîme.

Et c’est là que l’on comprend les limites écologiques de la croissance.

Une économie ne flotte pas dans le vide. Elle produit avec de l’énergie, des matières premières, de l’eau, des sols, des forêts, des animaux, des plantes, des minerais, des océans, une atmosphère.

Bref, avec un monde physique.

Un monde réel.

Pas un tableur Excel avec des cellules bien propres et des colonnes bien alignées d'un ordinateur  trônant au milieu d'un bureau ministériel à l'air filtré et climatisé.

Or ce monde physique a des limites.

Une croissance économique est dite soutenable lorsqu’elle permet de répondre aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs.

En langage plus direct, cela veut dire : produire aujourd’hui, oui, mais sans faire payer demain à d’autres les dégâts que nous ne voulons pas payer nous-mêmes... Aujourd'hui.

On peut alors distinguer trois grandes limites écologiques de la croissance : l’épuisement des ressources, la pollution et le réchauffement climatique.

J’en ajouterai une quatrième, très liée aux trois autres : la perte de biodiversité.

Et dans les quatre cas, l’idée est la même.

La croissance peut produire des richesses.

Mais elle peut aussi produire des externalités négatives.

Et ces externalités peuvent finir par limiter la croissance elle-même. 


Première limite : l’épuisement des ressources

Pour produire, il faut des ressources.

Du pétrole. Du gaz. Du charbon. Des métaux. Du bois. De l’eau. Des terres agricoles. Des minerais.

Et même quand on produit des biens très modernes, très numériques, très “dématérialisés”, il faut encore des ressources.

Un smartphone ne pousse pas dans un nuage. Un data center ne fonctionne pas à la poésie. Une voiture électrique ne roule pas avec de bonnes intentions.

Il faut extraire, transformer, transporter, assembler, alimenter, réparer, remplacer.

La production repose donc sur des ressources naturelles.

Ces ressources naturelles peuvent être considérées comme une forme de capital naturel. Une richesse de la nature.

Le capital naturel, c’est l’ensemble des ressources fournies par la nature et utilisées directement ou indirectement par l’économie : l’eau, les sols, les forêts, les minerais, les énergies fossiles... 

Ce n’est pas du capital fixe comme une machine ou un bâtiment.

Mais cela dit, lorsqu’une ressource naturelle est utilisée et consommée dans la production, elle fonctionne comme une consommation intermédiaire ou ce que nous avons appelé le capital circulant : des éléments utilisés dans la production et transformés ou détruits au cours du processus productif.

Le bois du menuisier devient une table.

Le pétrole brûlé dans un camion disparaît sous forme d’énergie.

Le minerai extrait devient un composant.

L’eau utilisée dans certaines productions peut être consommée, transformée ou dégradée.

Autrement dit, les ressources naturelles entrent dans la chaîne de production.

Elles entrent dans la chaîne de valeur.

Et si elles deviennent plus rares, plus chères ou plus dégradées, c’est toute la production qui peut être touchée.

Le menuisier peut avoir du travail, des outils, des clients, une comptabilité presque tenue.

Presque.

Mais s’il n’a plus de bois, ou si le bois devient trop cher, son activité se complique.

C’est du bon sens.

Et parfois, les pseudo économistes oublient le bon sens. 

Pseudo économistes, c'est exagéré. Disons qu'il y a beaucoup de personnes qui se font passer pour économistes et qui ne le sont pas vraiment. 

Certaines ressources sont renouvelables, comme une forêt, à condition de ne pas la détruire plus vite qu’elle ne se régénère.

D’autres ne le sont pas, comme le pétrole, le gaz, le charbon ou certains minerais, à l’échelle du temps humain.

Le problème est que, si une économie cherche à produire toujours plus, elle prélève toujours plus.

Elle consomme plus de matières premières.

Elle utilise plus d’énergie.

Elle artificialise des sols.

Elle épuise certaines ressources.

Et quand une ressource devient plus rare, elle devient très souvent plus chère.

Les entreprises qui en dépendent voient leurs coûts de production augmenter.

Les ménages les plus modestes qui en dépendent  sont souvent les premiers touchés.

Une hausse du prix de l’énergie, par exemple, ce n’est pas seulement une courbe dans un rapport.

C’est aussi une facture de chauffage. Un plein d’essence. Un trajet domicile-travail qui coûte plus cher. Un agriculteur qui paie davantage son carburant. Une entreprise de transport qui voit ses marges se réduire.

L’épuisement des ressources peut donc être analysé comme une externalité négative.

Pourquoi ?

Parce qu’une génération, une entreprise ou un pays peut consommer massivement une ressource aujourd’hui, tout en reportant une partie du coût sur d’autres.

Sur les ménages qui paieront plus cher demain. Sur les entreprises qui auront plus de difficulté à produire. Sur les territoires qui subiront la dégradation des sols ou de l’eau. Sur les générations futures, qui disposeront de moins de ressources ou de ressources plus coûteuses.

C’est une externalité négative particulière.

Elle n’est pas toujours spectaculaire.

Elle ne fait pas forcément de bruit.

Elle avance calmement, dans l'ombre. Ce qui est souvent une très bonne manière de devenir un vrai problème.

Le mécanisme est simple :

Croissance économique → hausse de la production → hausse des prélèvements de ressources naturelles → raréfaction ou dégradation de certaines ressources → hausse des coûts de production → limite écologique à la croissance.

Voilà la première limite.

On ne peut pas produire indéfiniment avec des ressources finies.

Je sais, c’est brutal... Mais c’est  logique.


Deuxième limite : la pollution

La deuxième limite, c’est la pollution.

Quand on produit, on ne fabrique pas seulement des biens et des services.

On fabrique aussi des déchets, hmmm... J'ai du mal à trouver un qualificatif.

Bon... des déchets comme des fumées. Des particules (les pfas). Des eaux usées. Des sols contaminés. Des plastiques. Des produits chimiques. Des résidus. Des nuisances sonores mêmes.

Bref, la production ne laisse pas toujours le monde exactement comme elle l’a trouvé.

What a surprise !

La pollution est l’exemple le plus classique d’externalité négative. Une usine rejette des produits polluants dans une rivière. Les habitants en aval subissent une eau dégradée. Les agriculteurs ou les pêcheurs peuvent être touchés. La collectivité doit financer la dépollution.

Mais le coût n’est pas forcément payé par celui qui a pollué.

Voilà l’externalité négative. Il est là, le problème. Qui paie la dépollution ? Ou qui paie les soins liés à la pollution ?

La pollution peut toucher l’air, l’eau, les sols, les aliments, les écosystèmes.

Elle peut aussi toucher la santé humaine.

La pollution de l’air, par exemple, peut provoquer ou aggraver des maladies respiratoires et cardiovasculaires.

Et quand la pollution dégrade la santé, elle a aussi un coût économique.

Des travailleurs malades. Des arrêts de travail. Des soins médicaux. Des dépenses de santé. Une qualité de vie dégradée. Des enfants plus exposés à certaines maladies. Des personnes âgées plus vulnérables.

Là encore, ce ne sont pas seulement des “dommages environnementaux”.

Ce sont des coûts pour la société.

Et ces coûts peuvent freiner la croissance.

Si une rivière est polluée, certaines productions peuvent être interrompues ou rendues plus coûteuses. Si une nappe phréatique est contaminée, il faut traiter l’eau. Si des sols agricoles sont dégradés, les rendements peuvent baisser. Si des déchets plastiques s’accumulent dans les océans, les écosystèmes marins sont perturbés.

La pollution touche donc plusieurs éléments de la production.

Elle touche le facteur travail, quand elle dégrade la santé des travailleurs.

Elle touche le capital naturel, quand elle abîme les sols, l’eau, l’air ou les écosystèmes.

Elle touche parfois le capital productif, quand il faut réparer, reconstruire, adapter.

Elle touche aussi les finances publiques, parce que la dépollution, les soins et les réparations sont selon les pays payés collectivement.

Ce qui est une manière élégante de dire : par nous.

On peut résumer le mécanisme ainsi :

Croissance économique → hausse de la production et de la consommation → hausse possible des rejets polluants → dommages sur la santé, les sols, l’eau, l’air et les écosystèmes → coûts sociaux et économiques → limite écologique à la croissance

Produire plus peut donc finir par coûter plus cher que prévu.

Et quand le coût caché apparaît, il a souvent cette petite particularité désagréable : quelqu’un doit payer... Et ce n'est pas toujours, pour ne pas dire rarement, celui qui l'a généré. 


Troisième limite : le réchauffement climatique

La troisième limite, c’est le réchauffement climatique.

Et là, on touche à une limite majeure.

La croissance économique moderne a été largement construite sur une énergie abondante, bon marché, et très carbonée.

Charbon. Pétrole. Gaz.

Ces énergies ont permis de produire plus, de transporter plus, de chauffer plus, de consommer plus.

Elles ont porté l’industrialisation. C'est bien. C'est ce qui nous a permis de devenir des sociétés riches et développées.

Mais ces énergies ont aussi envoyé dans l’atmosphère d’énormes quantités de gaz à effet de serre.

Les principaux gaz à effet de serre liés aux activités humaines sont notamment le dioxyde de carbone, le méthane et le protoxyde d’azote. 

Ces gaz retiennent une partie de la chaleur dans l’atmosphère.

C’est l’effet de serre.

Sans effet de serre naturel, la Terre serait beaucoup trop froide.

Le problème n’est donc pas l’existence de l’effet de serre.

Le problème, c’est son renforcement par les activités humaines. 

Qu'on ne me fasse pas dire ce que je n'ai pas dit. La Terre connait des phases de réchauffement et de refroidissement naturelles. Le problème n'est pas tant dans le réchauffement que dans la vitesse et l'ampleur à laquelle s'opère ce réchauffement. Et à l'inadaptation des sociétés qui ne suivent pas ce réchauffement. 

Pensez aux conditions de passages des examens à l'été 2026. Et imaginez ce que cela peut donner sur le chantier d'une route ou dans l'atelier d'un garage. 

Et c'est l'homme qui est responsable de l'accélération du réchauffement.

Avec quelles conséquences ?

Des canicules, des sécheresses, des inondations, des incendies, des tempêtes, la montée du niveau des mers, la fonte des glaciers, les tensions sur l’eau et la faunes qui y vit.

Et tout cela a des effets économiques.

Quand une canicule réduit les rendements agricoles, la production est touchée.

Quand une sécheresse limite la production d’électricité hydraulique ou le refroidissement de certaines centrales, la production est touchée.

Quand une inondation détruit des routes, des usines, des logements, la production est touchée.

Quand un port, une voie ferrée ou une zone industrielle sont endommagés par un événement climatique extrême, la production est touchée.

Quand il fait trop chaud pour travailler efficacement, la productivité peut baisser. 

Et là, l’économie découvre une chose fascinante : les travailleurs ont un corps.

Oui. Même les économistes doivent parfois s’en souvenir.

Le réchauffement climatique est une externalité négative particulière: elle est mondiale et intertemporelle.

Mondiale, parce que les émissions produites dans un pays peuvent avoir des effets ailleurs.

Intertemporelle, parce que les émissions d’aujourd’hui peuvent produire des effets demain, après-demain, après après demain, après après après demain. 

J'arrête, j'en ai marre. 

Ceux qui subissent les effets ne sont pas toujours ceux qui ont bénéficié de la production initiale.

Ce qui commence à ressembler à une assez belle injustice.

Enfin, belle. Façon de parler.

Le réchauffement climatique est donc une limite écologique de la croissance parce qu’il menace directement les conditions de production.

Il ne s’agit pas seulement de protéger des paysages pour faire joli sur une carte postale.

Il s’agit de préserver l’agriculture, les infrastructures, les logements, la santé, les transports, l’énergie, l’accès à l’eau.

Bref, les bases matérielles de l’activité économique.

Le mécanisme est donc clair :

Croissance économique carbonée → hausse des émissions de gaz à effet de serre → renforcement du réchauffement climatique → multiplication ou aggravation de certains risques climatiques → dommages sur la production, les infrastructures, la santé et les ressources → limite écologique à la croissance

La croissance peut donc produire les conditions qui la fragilisent.

C’est cela qui est intéressant... 

Un peu comme si l'on sciait la branche sur laquelle on se trouve.


Quatrième limite : la perte de biodiversité

J’ajoute maintenant une quatrième limite : la perte de biodiversité.

Elle est très liée aux trois autres.

La biodiversité, ce n’est pas seulement “les petits zoziaux”.

Même si, entre nous, les petits zoziaux ont aussi le droit d’exister sans avoir à justifier leur utilité dans une dissertation de SES.

La biodiversité désigne la diversité du vivant : les espèces animales, les espèces végétales, les micro-organismes, les écosystèmes, les interactions entre eux.

Et ces interactions rendent des services essentiels.

La pollinisation. La fertilité des sols. La purification de l’eau. La régulation du climat. La production de nourriture. La résistance des écosystèmes aux maladies ou aux chocs.

Prenons les pollinisateurs.

Les abeilles, mais aussi d’autres insectes, certains oiseaux ou certains mammifères participent à la reproduction de nombreuses plantes.

Cela ne veut pas dire que toute notre alimentation disparaîtrait du jour au lendemain si les abeilles disparaissaient.

Mais cela veut dire qu’une partie importante de notre agriculture dépend, au moins en partie, de la pollinisation animale.

Les fruits. Les légumes. Certaines graines. Certaines noix.

Certaines cultures essentielles pour la diversité alimentaire.

Donc, quand les pollinisateurs déclinent, ce n’est pas seulement triste pour les amoureux des insectes qui font bzzzzz .

C’est aussi un problème pour la production agricole.

Autre exemple : les océans.

La surpêche, le réchauffement, l’acidification, les pollutions plastiques et chimiques perturbent les écosystèmes marins.

À court terme, on pêche davantage.

À long terme, on peut réduire la capacité des populations de poissons à se renouveler.

Vous allez me dire "je n'aime pas le poisson". Peut-être que les pêcheurs non plus mais ils en ont besoin pour vivre. 

Même chose pour les forêts.

Une forêt, ce n’est pas seulement du bois. C’est un réservoir de biodiversité. Un puits de carbone. Un régulateur du cycle de l’eau. Un espace de vie pour des espèces nombreuses. Un soutien pour des populations humaines.

Quand on détruit des forêts pour produire plus à court terme, on peut gagner des terres agricoles, du bois, des minerais, des revenus.

Mais on peut aussi perdre des espèces, dérégler des écosystèmes, réduire l’absorption du CO₂, fragiliser les sols et modifier les cycles de l’eau.

La perte de biodiversité peut donc aussi être vue comme une externalité négative.

En détruisant des milieux naturels, on fragilise des écosystèmes dont dépendent d’autres activités économiques, d’autres populations et les générations futures.

La biodiversité est donc une limite écologique de la croissance parce que l’économie dépend du vivant.

Elle en dépend pour se nourrir. Pour respirer. Pour produire. Pour se protéger. Pour durer.

Et cela, normalement et moralment, devrait nous intéresser.

Au moins un peu.


Des limites interconnectées

Il faut maintenant comprendre un point essentiel.

Ces limites ne sont pas séparées.

Elles sont interconnectées.

L’épuisement des ressources peut produire plus de pollution.

La pollution peut fragiliser la biodiversité.

La perte de biodiversité peut réduire la capacité des écosystèmes à absorber le carbone.

Le réchauffement climatique peut aggraver la rareté de l’eau, dégrader les sols, réduire les rendements agricoles, accélérer la disparition de certaines espèces.

Tout se tient.

Prenons quelques exemples rapides  parce que cela fait longtemps, maintenant, que je m'adresse à vous et votre patience , je le sens, et comme la croissance dans le futur, a atteint ses limites. 

L'exemple de la déforestation.

Déforester, c’est souvent prélever une ressource.

C’est aussi détruire des habitats naturels. C’est donc menacer des espèces.

C’est parfois appauvrir les sols.

C’est réduire la capacité des forêts à absorber du CO₂.

C’est donc contribuer au réchauffement climatique.

C’est efficace. Mais dans le mauvais sens.


Prenons maintenant les énergies fossiles.

Extraire du pétrole, du gaz ou du charbon, c’est utiliser des ressources non renouvelables. Les brûler, c’est émettre des gaz à effet de serre. Les transporter ou les exploiter peut provoquer des pollutions. Le réchauffement qu’ils contribuent à produire fragilise ensuite les écosystèmes et certaines activités économiques.

Là encore, les limites se répondent. Elles forment un système.



Conclusion

La croissance économique peut améliorer le niveau de vie, créer des richesses et financer des progrès sociaux.

Mais elle se heurte à des limites écologiques.

Elle consomme des ressources naturelles, dont certaines sont non renouvelables.

Elle produit des pollutions qui peuvent dégrader la santé, l’eau, l’air, les sols et les écosystèmes.

Elle repose encore largement sur des activités qui émettent des gaz à effet de serre et contribuent au réchauffement climatique.

Elle peut aussi accélérer la perte de biodiversité, c’est-à-dire fragiliser les équilibres du vivant dont nos économies dépendent.

Et ces limites sont interconnectées.

C’est pour tout cela qu’une croissance peut être forte, impressionnante, spectaculaire, pleine de chiffres flatteurs, tout en étant écologiquement insoutenable.


La question n’est donc pas simplement : comment produire plus ?

Ca, c'était avant. C'était la question de quand j'étais étudiant et très très beau... et intelligent. Parce qu'il faut dire la vérité, je décline avec l'âge. 

Enfin bon...

La question est désormais: comment produire sans faire payer à d’autres, maintenant ou plus tard, les coûts écologiques de cette production ?

Le "maintenant", c'est pour toutes ces régions ou ces pays que nous sommes en train d'abîmer.

Le "plus tard", c'est pour vous mêmes et surtout vos enfants. 


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